Tribune de RSF et Blast pour la libération de Yanis Mhamdi, détenu arbitrairement en Israël
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↗ RSF

Nous, étudiant.e.s signataires
Demandons le retrait de la proposition de loi relative à la « sécurité globale », dont le vote solennel par l’Assemblée nationale est prévu mardi 24 novembre. Nous estimons qu’elle met en danger des libertés publiques fondamentales, notamment la liberté de la presse, la liberté d’expression et le droit à l’information.
L’article 24 de la loi prévoit que « sans préjudice du droit d’informer, est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, dans le but manifeste qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l’image du visage ou tout autre élément d’identification, autre que son numéro d’identification individuel, d’un agent de la police nationale, d’un militaire de la gendarmerie nationale ou d’un agent de police municipale, lorsque ces personnels agissent dans le cadre d’une opération de police ».
Nous, futur.e.s journalistes, nous opposons vivement à cet article. Nous considérons que la captation et la diffusion d’images des forces de l’ordre dans le cadre de leur action constituent des libertés fondamentales de notre démocratie. Sur le terrain, filmer la police est déjà complexe, comme en témoignent les interpellations régulières de journalistes et de citoyen.ne.s lors d’opérations de maintien de l’ordre. La proposition de loi relative à la « sécurité globale », notamment dans son pouvoir dissuasif, risque d’entraver encore davantage le travail des professionnel.le.s des médias. Nous craignons donc que le texte empêche les journalistes et les citoyen.ne.s en général d’informer sur le phénomène des violences policières, qui a émergé dans le débat public grâce à la diffusion de vidéos.
Les articles 21 et 22 sont également problématiques puisqu’ils légifèrent sur les caméras-piéton et l’usage des drones. Il n’est pas concevable que la police puisse désormais produire elle-même ses propres images et en même temps restreindre la liberté de filmer la police. Pour exercer correctement notre futur métier, il est indispensable de pouvoir montrer le contre-champ.
Répétons-le : le droit de filmer les agents publics censés garantir notre sécurité à tou.te.s est un droit démocratique qu’il s’agit de défendre. Répétons-le : « la liberté de la presse n’est pas un privilège des journalistes, mais un droit des citoyens », tel que le disaient déjà Reporters sans frontières et Mediapart en 2008.
Non, monsieur Darmanin, notre liberté n’a pas à être garantie par un ministre de l’Intérieur. Elle l’est par la Constitution et la Convention européenne des droits de l’Homme. Elle l’est par la loi sur la liberté de la presse de 1881.
Non, monsieur Darmanin, un ministre de l’Intérieur n’a pas le droit de choisir qui est journaliste et qui ne l’est pas. Un.e journaliste, dans une démocratie, n’a pas à demander une accréditation à la préfecture pour couvrir une manifestation.
Nous nous joignons par ce communiqué aux syndicats de journalistes, aux ONG comme Amnesty International ou la Ligue des droits de l’Homme (LDH), mais aussi à la Défenseure des droits Claire Hédon et au Conseil des droits de l’homme de l’ONU qui ont fermement condamné la proposition de loi sur la « sécurité globale ».
Nous appelons tou.te.s les journalistes, présent.e.s ou futur.e.s et tou.te.s les citoyen.ne.s à rejoindre les différentes mobilisations partout en France contre cette proposition de loi liberticide.
(Sur la base d’une tribune publiée par des étudiant.e.s de l’ESJ Lille)
Retrouvez l’ensemble des signataires ici : https://www.humanite.fr/616-etudiant-e-s-en-journalisme-pour-le-retrait-de-la-proposition-de-loi-relative-la-securite-696627
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